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lunes, 22 de agosto de 2016

Les politiques françaises qui combinent l’individualisme avec l’antinomisme ont détruit la légitimité de la nation, de l’église, du quartier et de la famille.


Au-delà du laïcisme radical


par George J. Marlin

L’année-charnière pour les « baby-boomers » de la nouvelle gauche fut 1968. Aux Etats-Unis, ils ont manifesté contre la guerre du Vietnam, occupé les bâtiments d’administration des campus, défilé vers le Pentagone et mené des émeutes lors de la Convention nationale démocratique de Chicago.

De l’autre côté, en France, les étudiants opposés à la guerre et percevant les mœurs politiques et sociales décadentes de l’Occident – en particulier concernant les questions sexuelles -, sont descendus dans la rue en mai 1968. Ce qui commença comme une protestation s’est développé en une alliance nationale étudiants-ouvriers avec des grèves et des manifestations violentes qui en sont presque arrivées à faire tomber le gouvernement du Général de Gaulle.

Les soulèvements ont fini par s’apaiser mais les baby-boomers radicaux n’ont pas abandonné le combat. En Amérique, ils ont envahi le monde universitaire et ont consacré une quarantaine d’années à imposer une idéologie laïciste aux étudiants influençables.

En France, un grand nombre des radicaux des années 1960 ont fait leur chemin dans les bureaucraties gouvernementales à Paris et au siège de l’Union Européenne à Bruxelles. Ryszard Legutko, membre polonais du Parlement européen et universitaire a observé que, depuis ces perchoirs, ces apparatchiks laïcistes se sont consacrés à contrôler chaque aspect de la société, « y compris l’éthique et les mœurs, la famille, les églises, les écoles, les universités, les organismes communautaires, la culture, et même les sentiments et les aspirations humaines. »

Ce phénomène a causé une nouvelle crise en France et il constitue le sujet du livre de Pierre Manent, Situation de la France (Desclée de Brouwer, 2015), récemment traduit sous le titre Beyond Radical Secularism : How France and the Christian West should respond to the Islamic Challenge.

Manent, philosophe politique français de renom, vient de prendre sa retraite de l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Elevé dans une famille communiste, après avoir été témoin de ce qu’il considérait comme les futiles émeutes étudiantes de 1968, il a abandonné le marxisme et a embrassé le catholicisme.

Influencé par son professeur, l’anti-communiste Raymond Aron – qui l’a introduit à Aristote, Tocqueville et Léo Strauss -, Manent a évolué pour devenir un écrivain prolifique de l’histoire du libéralisme.

Situation de la France, que Manent appelle un « exercice de sincérité » a pris d’assaut la France lors de sa publication, peu après l’attaque terroriste sur Charlie Hebdo en 2015.

Il y fait valoir que, depuis le bouleversement culturel de 1968, la plupart des formes d’autorité se sont dégradées. Les politiques françaises qui combinent l’individualisme avec l’antinomisme ont détruit la légitimité de la nation, de l’église, du quartier et de la famille. L’idée de bien commun a été abandonnée, les règles collectives ont été délégitimées et la fidélité à la communauté s’est perdue.

La laïcité de l’État, inscrite dans la constitution française, a neutralisé tout ce que les gens avaient en commun et donné une souveraineté illimitée à l’individu. Manent écrit : « Cette idée de neutralisation revient à faire disparaître la religion en tant que chose sociale et spirituelle, en transformant l’objectivité de la règle morale en droits subjectifs de l’individu. George J. Marlin

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